17 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

Nos ancêtres, les berbères

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Zones géographiques et linguistiques

Les Berbères se désignent par le terme d’Amazigh, qui signifie : « homme libre« . Peuple à la fois méditerranéen et saharien, ils constituent le substrat ethnique et socioculturel de l’Afrique du Nord auquel sont venues s’ajouter des composantes extérieures aussi bien ethniques (grecques, phéniciennes, romaines, byzantines, arabes, turques.) que religieuses (païenne, animiste, juive, chrétienne et musulmane).
Groupe de peuples dont on retrouve les traces, à diverses époques, depuis l’Égypte jusqu’à l’Atlantique et du Niger à la Méditerranée. Aussi loin qu’on remonte dans le passé, l’Afrique du Nord est occupée par des Berbères, connus des historiens grecs et latins sous des noms divers : Garamantes du Sahara, Maures et Sanhadjas implantés dans la zone intermédiaire Algérie-Mali-Maroc, Numides et Gétules de Tunisie et d’Algérie, Nasamons et Psyles de Lybie, …etc.
Réputés pour leur hospitalité légendaire, ils ne se sont jamais conduits en agresseurs mais se sont toujours défendus contre l’envahisseur. Les multiples occupations qu’ils vont subir dans leur histoire vont faire d’eux de farouches résistants qui défendront leur liberté en refusant de vivre sous dominations, au dépend parfois d’une politique identitaire irréversible, mais pleine de paradoxes.
Au 6ème siècle, on commence à distinguer 4 peuples parmi les berbères : l’est et le centre de l’Afrique du Nord (de Tripoli à Alger) sont occupés par les Numides, l’ouest (Oran, le Maroc et jusqu’en Mauritanie actuelle) par les Maures, les montagnes de l’Atlas par les Gétules, le Sahara et le Sahel, y compris le sud libyen, par les mystérieux Garamanthes. Rapidement, Carthage emploie de nombreux Numides comme mercenaires.

Les Berbères constituent une mosaïque de peuples de l’Égypte au Maroc, se caractérisant par des relations linguistiques, culturelles et ethniques. À travers l’histoire, les Berbères et leurs langues ont connu des influences romaines, puniques, arabes, turques ou encore françaises, ce qui fait que de nos jours, sont appelés officiellement « berbères », les ethnies du Maghreb parlant, se considérant et se réclamant berbères.
Les zones berbérophones d’aujourd’hui sont inégalement réparties, majoritairement au Maroc et en Algérie ainsi que dans une moindre mesure en Libye, Tunisie et Égypte Les langues berbères forment une branche de la famille des langues afro-asiatiques. Autrefois, leur alphabet était le Tifinagh, encore utilisé par les Touaregs.
Cependant le terme berbère n’est pas forcément reconnu par certains berbérophones qui lui préfèrent les variantes du terme Amazigh (pl. Imazighen).( D’après Wikipedia)

On distingue plusieurs formes de langues berbères : Chaoui, Soussi, Rifain, Kabyle, chenoui, Mozabite, Tamasheq, Nafoussi… sont les plus importantes variétés de la langue amazighe. La langue berbère comprend différentes variétés, au Maroc (rifain, atlas et chleuh), en Algérie (kabyle, Chaouia, mozabite), et touareg en Algérie, au Mali, au Niger, en Mauritanie et au Burkina Faso. Le monde Berbère a survécu car chaque région était repliée sur elle-même et a pu garder son parler et ses traditions. D’un point de vue linguistique, on considère généralement que le libyque serait le berbère de l’Antiquité.

Cliquez sur la carte pour l’agrandir 

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Carte de répartition des berbères. Source: ALGERIA INTERFACE. « La peur des maquis » dans « Courrier international », Sainte-Geneviève (France),N° 549, semaine du 10 au 16 mai 2001, p. 46.

Monuments berbères

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Le mausolée royal de Maurétanie, surnommé tombeau de la Chrétienne, non loin de Tipaza en Algérie. En arabe » Kbour-er-Roumia », c’est un monument de l’époque numide, sur l’actuelle commune de Sidi Rached, à une soixantaine de kilomètres à l’ouest d’Alger. L’édifice, un tumulus de pierre d’environ 80 000 m3, ressemble à une énorme meule de foin. Il mesure 60,9 mètres de diamètre et 32,4 m de hauteur. Il comporte une partie cylindrique ornée sur son périmètre de 60 colonnes engagées surmontées de chapiteaux ioniques et supportant une corniche. Cette partie présente quatre fausses portes situées aux points cardinaux.

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Le Médracen. Ce monument de la période numide se trouve 34 km au nord-est de Batna, au cœur des Aurès. Comme le Mausolée royal de Mauritanie, il dresse sur une colline sa forme massive, qui ne laisse pas de rappeler celle du Mausolée de Mauritanie. Comme lui, il possède un socle circulaire et il est surmonté d’un cône à gradins, surmonté d’une plateforme, le tout évoquant de loin, une immense ruche .C’est aussi un monument funéraire, du type « bazina », tombe berbère formée d’une chambre funéraire et surmontée d’une tumulus.

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Soumâa El-Khroub, mausolée du Roi Numide Massinissa. Situé à l’intersection des voies qui reliaient Cirta, la capitale Numide, à Théveste (Tébessa), à Calama (Guelma) et à Sitifis (Sétif), Erigé sur une colline, au voisinage de Cirta actuelle Constantine, à 14 km vers l’est, il domine la ville du Khroub, dont le nom signifie « les ruines ». Quoique son nom le présente comme une tour ou manarat de mosquée, nous n’avons aucune indication dans les sources antiques et mêmes médiévales, contrairement au Médracen et au mausolée royal maurétanien.

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A gauche. Mausolée libyco-punique de Dougga, appelé aussi mausolée d’Atban. (Dougga ou Thugga est un site archéologique en Tunisie.). Il date du début du IIème siècle av. J.-C. Il fut construit pour servir de sépulture à un chef numide. Le consul d’Angleterre à Tunis l’endommagea gravement en 1842, lorsqu’il tenta de retirer l’inscription bilingue (libyque et punique) qui l’ornait. Cette inscription, d’une importance capitale, permit de comprendre la langue libyque. Le mausolée a été restauré au début du XXème siècle.
A droite. Détail du mausolée de Dogga. Le troisième et dernier niveau est le plus richement décoré : outre des pilastres d’angle similaires à ceux du premier niveau, il se termine par une pyramide. Des éléments de statuaire perdurent, avec décor de griffons dans les angles et également un quadrige sur l’une des faces du dernier niveau.

M05.Frenda_Tiaret

Les Djeddars de Frenda, situés sur des hauteurs (djebel Lakhdar) à l’est de Frenda, dans la wilaya de Tiaret, sont des monuments funéraires, comportant treize pyramides funéraires réparties en deux groupes dans les plaines de Médroussa, commune de la wilaya de Tiaret, Les monuments ont été fouillés dans les années 1970 par l’archéologue Fatima Kadra qui les a mieux fait connaître par son livre “Les Djedars: monuments funéraires Berbères de la Région de Frenda“. Par leur aspect (pyramides à gradins), ils sont similaires au mausolée Imadghassen de Batna et au tombeau royal de la Chrétienne à Tipaza.

Quelques personnalités berbères

P01.Massinissa

Le roi berbère Massinissa, fondateur du royaume de Numidie (vers -201). Passant dans le camp de Rome après la mort de Gaïa, il contribue en 204 av. J.-C. à la victoire sur Syphax roi des Massaesyles et à sa capture par le commandant romain Gaius Laelius. En remerciement de son aide, les Romains lui accordent le royaume de Syphax. À la tête de sa fameuse cavalerie numide, il contribue largement à la victoire de Rome sur Carthage lors de la bataille de Zama.

P02.AugustineLateran

Portrait du philosophe et théologien Saint Augustin. D’origine berbère, il est l’un des principaux Pères de l’Église latine et l’un des 33 Docteurs de l’Église. Outre 113 traités dans tous les domaines (y compris la musique) et 300 sermons, ses œuvres principales sont : « Les Confessions » qui racontent sa jeunesse et sa conversion et « La Cité de Dieu », son texte fondamental, qui définit pour longtemps les exigences et les limites d’une culture chrétienne.

P03.SeptimeSévère

Septime Sévère, d’origine berbère, a été empereur de Rome. Il naît le 11 avril 145à Leptis Magna, une ville située en Tripolitaine sur la côte de la Libye actuelle. Du côté de sa mère, Fulvia Pia, il descend d’immigrés italiens (les Fulvii) mariés probablement à des personnes d’origine libyenne. Par son père, Publius Septimius Geta, il descend d’une famille d’origine libyco-punique, et de culture punique, ayant obtenu la citoyenneté depuis le 1er siècle.

P04.Jugurtha

Jugurtha, né vers 160 av. J.-C. et mort vers 104 av. J.-C., est un roi amazigh de Numidie. Il s’oppose durant sept ans à la puissance romaine entre 111 av. J.- C. et 105 av. J.- C. Jugurtha est le petit-fils du roi numide Massinissa (voir ci-dessus)..

P05.Juba_i

Juba Ier (85 av. J.-C. – 46 av. J.-C.), dernier roi de Numidie orientale. Né à Hippone (actuelle Annaba), il fut le père de Juba II, son successeur, roi de Maurétanie (52 av. J.-C. – 23 ap. J.-C.)..

P06.Statue_of_Dyhia_in_Khenchela_(Algeria)

La Kahina. Ci-dessus, sa statue à Kenchela, en Algérie. (Voir dans ce même blog, la page du 10 Novembre 2015 sur la « Kahina, reine des Aurés »)

P07.Fatma_N'Soumer

Lalla Fadhma N’Soummer (1830 – 1963) est une personnalité algérienne de la résistance des Kabyles à la conquête de la Kabylie par la France dans les années 1850.(Voir sur ce même blog, la page sur Lalla FatùaN’soummer, du 10 Novembre 2015)

Les écritures berbères

Les inscriptions libyques ont été relevées par centaines au Maghreb, surtout dans la région tunisienne de Dougga, et dans l’Est algérien. Elles ont été rassemblées principalement dans le corpus de J.-B. Chabot, qui comporte 1 125 inscriptions, et dans celui de L. Galand, qui a étudié vingt-sept inscriptions marocaines.
S’agissant des écritures libyco-berbères, apparentées entre elles par la forme, on en trouve de nombreux témoignages de l’archipel canarien aux confins libyens et de la Méditerranée aux pays sahéliens – Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad. Ces écritures seraient employées depuis vingt-cinq siècles, de l’Antiquité carthaginoise et romaine à l’époque contemporaine et encore aujourd’hui par les Touaregs sahariens et sahéliens.
Cette appellation générique recouvre différents types ayant des caractéristiques communes mais dont l’expansion dans l’espace et dans le temps a abouti à la diversification d’une partie des signes et de leur valeur. Ce qui leur est commun, c’est le graphisme géométrique fait de traits, de courbes et de points, associés ou isolés, qui composent des signes non cursifs (non reliés entre eux). Le tracé, sans découpage en mots, s’inscrit selon des orientations verticales, horizontales ou en boustrophédon (système qui change alternativement le sens du tracé ligne après ligne). Les signes ne représentent que des consonnes (comme l’arabe et l’hébreu). L’aire d’extension de ces écritures libyco-berbères correspond approximativement à celle des différents parlers berbères actuellement vivants ou disparus. On distingue
- les écritures libyques de la période antique, au nord de l’Afrique ;
- les écritures rupestres de périodes indéterminées, de l’Atlas saharien (Algérie), du Haut-Atlas (Maroc), du Sahara et du Sahel, de l’archipel canarien ;
- les tifinagh, caractères de l’écriture touarègue d’Algérie, de Libye, du Mali, du Niger et du Burkina Faso.
Le libyque – du nom « Libye » que les Grecs donnaient à l’Afrique (et sans rapport avec la Libye d’aujourd’hui) – a peut-être précédé l’installation des Phéniciens dans l’actuelle Tunisie et la fondation de Carthage au IXémé siècle av. J.-C. Ce que l’on en connaît provient d’inscriptions funéraires et monumentales retrouvées en grande quantité dans la Numidie antique (actuelle Tunisie septentrionale et Algérie orientale) et dans les Maurétanies (Algérie occidentale et centrale, et Maroc septentrional). L’inscription la plus anciennement datée est une dédicace, de la dixième année du règne de Micipsa, roi amazigh de Numidie, soit 138 av. J.-C. (voir figure ci-dessous). Hormis ce cas privilégié, les autres inscriptions n’ont pu être datées. Mais les travaux des préhistoriens font remonter cette écriture au VIIème ou au VIème siècle av. J.-C.

1. Stèles et inscrptions bilingues

Les stèles bilingues   punico-libyques et libyco-latines ont permis d’établir la valeur d’une partie   des signes, d’une partie seulement en raison de l’absence d’équivalences   phonologiques complètes entre les langues en présence et des particularismes   vraisemblables des parlers libyques. La première stèle bilingue fut   découverte en 1631 par Thomas d’Arcos. Ce n’est que deux siècles plus tard,   en 1849, qu’elle fut identifiée comme punico-libyque et rapprochée de   l’alphabet touareg par F. de Saulcy. La dernière recension de M. Ghaki fait   état de douze inscriptions bilingues lybico-puniques, de dix-huit   libyco-latines

S01.puniq-libyq-stel-ElHorfa-musee-hippone-annaba.gif

Stéle punico-libyque d’El Horfa-(Musee d’Hippone – Annaba).

 

 

 

Dédicace bilingue de Massinissa de Dougga (Thugga) en Tunisie, de     138 avant J.C. Cette stèle se trouve au musée du Bardo à Tunis..   

S03.dedicace-bilingue-massinissa-dougga-bardo_puniq-amazigh

S04.stele-punico-berbere.gif

 

 

Inscription bilingue libyco-punique. En haut, extrait d’alphabet     punique. En bas, extrait d’alphabet berbère du temps des numides. La date     présumée est VIIème av J.C. Extrait de Chabot, Recueil des     Inscriptions libyques, 1er fascicule

 

2. Sléles / inscriptions puniques ou libyques

S10stele-punique-lepcis-magna

                        Stele  punique (Lepcis magna)   

   

 

                       Stèle de Tirakbin     (Algérie).   S11.Stèle de Kerfala

S12.Stèle de Kerfala.png

                                    Stèle de Kerfala. (lakhdaria, wilaya de Bouira.- Algérie   

S14.stele-bordj-halal

                                                                        Stele-bordj-halal.

S15.stele-de-Dhar-Lqachla-tanger

                                                             Stele-de-Dhar-Lqachla     (Tanger).   

 

 

3. Inscriptions en tifinar

Dans les années 60,   l’Académie berbère, créée à Paris a créé un alphabet modernisé et unifié. Au Maroc, l’Institut royal de la culture amazighe a été créé   pour préserver et promouvoir la langue et la culture amazighes, introduire   l’amazigh dans le système éducatif et adopter   le   tifinagh comme   mode de graphie de la langue amazighe.
  Le Centre de Recherche Culturel et Linguistique en Tamazight, a   organisé, en octobre 2013 à Tanger, le 1er atelier sur la langue   tamazight, sous le thème : « Unité et diversité du Tamazight : Essai sur la   Standardisation des Variétés Amazighes« . La   langue berbère, ou tamazight, est présente à l’heure actuelle dans une   dizaine de pays de l’ensemble Maghreb-Sahara-Sahel : Maroc, Algérie, Tunisie,   Libye, Égypte, Niger, Mali, Burkina-Faso et Mauritanie. Mais l’Algérie et le   Maroc sont, de loin, les deux pays qui comptent les populations berbérophones   les plus importantes. Signe fort de l’identité berbère face à l’arabisation,   la langue berbère est riche d’une tradition orale qui a su intégrer les   médias modernes. De plus, la renaissance volontariste de l’alphabet   traditionnel, les tifinagh, a   permis de suppléer la mémoire collective, de traduire les œuvres majeures du   patrimoine mondial et développer une littérature berbère qui répond à une   forte demande.
  Le   Maroc a réalisé des « avancées   significatives« , à l’échelle régionale et internationale, en matière   de promotion de la langue et de la culture amazighes et l’enjeu actuel est de   « concrétiser l’aspect officiel de   cette langue à travers les lois organiques prévues par la constitution de   2011« , a affirmé le Recteur de l’Institut Royal de la Culture   Amazighe (IRCAM), M. Ahmed Boukouss.
  Depuis le discours royal d’Ajdir le 17 octobre 2001, des acquis importants   ont été accumulés sur cette question, notamment à travers la reconnaissance   officielle par l’Etat de l’amazighe comme composante essentielle de   l’identité nationale, ce qui s’est traduit par un intérêt grandissant porté à   cette langue par les différentes institutions et par son intégration dans   l’école marocaine et les médias publics, un processus couronné par le   lancement en 2010 de la chaîne de télévision amazighe.
  Le système de transcription adopté, contrairement au tifinagh original   conservé par les Touaregs qui est un abjad (alphabet consonantique ne   notant que des consonnes, comme en arabe ou en hébreu), est un alphabet composé   de 33 caractères s’inscrivant dans la continuité du « néo-tifinagh » élaboré dans les   années 1970 par des militants radicaux kabyles.

 

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Alphabet tifinagh de   l’IRCAM (L’Institut royal de la culture amazighe). Le   tifinagh ou libyco-berbère est un alphabet   utilisé par les Berbères, essentiellement les Touaregs. Cet alphabet a subi   des modifications et des variations depuis son origine jusqu’à nos jours,   passant du libyque jusqu’aux néotifinaghs en passant par le tifinagh saharien   et les tifinaghs Touaregs. L’alphabet tifinagh-IRCAM est composé de trente   trois caractères, dont 31 lettres de base. L’Institut royal de la culture   amazighe ou IRCAM est un institut académique de l’état marocain chargé de la   promotion de la culture amazighe et du développement de langue   berbère (amazighe). L’IRCAM a un rôle précurseur dans l’adoption du tifinagh   pour la transcription des langues berbères au Maroc.

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Tifinagh-touareg

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